Je ne sais pas ce que 2026 nous réservera. En revanche, je sais exactement comment je choisis de l’aborder. À l’heure où les discours d’intentions se multiplient, où les promesses s’enchaînent plus vite que les actes, j’ai décidé de faire autrement. Refuser le bruit. Écarter la frénésie. Assumer une posture plus exigeante, parfois plus lente, mais infiniment plus structurante.
Le monde dans lequel nous entrons ne récompense plus les incantations. Les organisations, comme les individus, ne peuvent plus se contenter d’optimisme performatif. L’impact réel demande autre chose qu’une bonne résolution publiée en janvier.
Cette année encore, je n’ai pas dressé de liste de vœux idéalisés. Ce choix n’est ni un renoncement, ni une fatigue. Il est le fruit d’un cheminement professionnel, personnel, intellectuel, parfois inconfortable, souvent lucide. Ce texte n’est ni un manifeste ni un billet d’humeur. Il est une mise en perspective. Une manière de poser des mots sur ce qui, à mes yeux, devrait structurer le leadership en 2026, sans naïveté et sans posture.
Face à cette transformation rapide, il devient urgent de poser des repères solides. Pas des slogans. Pas des intentions générales. Des cadres concrets, mesurables, capables de protéger ce qui nous relie dans un monde de plus en plus numérisé. L’éthique du numérique ne peut plus rester théorique. Elle doit devenir opérationnelle.
Chaque mois de janvier, les mêmes mécaniques se rejouent. Les individus promettent de changer. Les entreprises jurent de se transformer. Les dirigeants affichent de nouvelles priorités. Pourtant, les chiffres sont têtus. La majorité des résolutions personnelles sont abandonnées en quelques semaines, et les transformations organisationnelles annoncées sans cadre clair ni pilotage rigoureux connaissent le même sort.
Face à ce constat, continuer à empiler des engagements non structurés relève moins de l’optimisme que de l’aveuglement. La lucidité oblige à regarder les contraintes en face. Elle impose d’accepter que tout ne se transforme pas à la vitesse des posts LinkedIn. Choisir de ne pas formuler de résolutions ne signifie pas l’absence d’ambition, mais une volonté de cohérence et d’alignement entre discours, moyens et temporalité.
Dans les organisations que j’accompagne, cette lucidité devient un véritable levier stratégique. Elle permet de prioriser, de renoncer à ce qui disperse et de redonner de la valeur à l’exécution. Dans un monde saturé de projections, la lucidité est devenue une compétence rare, non pas cynique, mais structurante. Cette approche rejoint d’ailleurs les réflexions de l’OCDE sur la gouvernance durable et la création de valeur à long terme :
https://www.oecd.org/corporate/corporate-governance/
L’authenticité est un mot galvaudé. Trop souvent, il sert d’alibi à l’improvisation ou à la mise en scène de soi. Dans mon expérience, elle relève au contraire d’une discipline exigeante. Être authentique ne consiste pas à tout dire, mais à dire juste, et surtout à agir en cohérence avec ce que l’on affirme porter.
Dans le leadership, cette exigence est devenue centrale. Les équipes ne se contentent plus de slogans, les partenaires attendent de la clarté, et les écosystèmes sanctionnent rapidement les incohérences. Cette évolution est documentée par de nombreux travaux, notamment ceux de McKinsey sur la confiance organisationnelle et l’impact du leadership aligné sur la performance durable :
https://www.mckinsey.com/capabilities/people-and-organizational-performance/our-insights
Porter une parole engagée implique aussi d’assumer ses doutes, de reconnaître ses zones d’apprentissage et de nommer ses contradictions lorsqu’elles existent. Cette posture demande du courage. Elle expose et fragilise parfois, mais elle crée un espace relationnel plus mature, autorise des échanges plus profonds et favorise des décisions plus solides. En 2026, je suis convaincue que le leadership qui comptera sera celui qui saura conjuguer clarté stratégique et sincérité assumée, non pas pour plaire, mais pour durer.
Le mot travail est devenu suspect. Il est parfois opposé à l’épanouissement, souvent caricaturé. Pourtant, aucune transformation sérieuse ne se fait sans effort, aucune trajectoire ambitieuse ne se construit sans persévérance, et aucune vision ne se matérialise sans rigueur.
Dans les projets de transformation stratégique, digitale ou culturelle que j’ai pu piloter ou accompagner, un facteur revient systématiquement : la capacité à tenir dans la durée. Cette réalité est encore plus visible lorsqu’on aborde des sujets complexes comme l’intelligence artificielle, la gouvernance des données ou l’éthique technologique. Ces enjeux ne supportent ni l’approximation ni l’opportunisme.
Les travaux du NIST sur le cadre de gestion des risques liés à l’IA rappellent à quel point la responsabilité et la robustesse nécessitent une approche méthodique et continue :
https://www.nist.gov/itl/ai-risk-management-framework
Dans ce contexte, parler d’audace sans parler de travail relève de la posture creuse. L’audace véritable consiste à s’attaquer aux sujets difficiles. La détermination se mesure dans la capacité à arbitrer. L’engagement se vérifie dans le temps. Cette réhabilitation de l’effort n’est pas incompatible avec le sens ; elle en est souvent la condition.
L’un des grands paradoxes de notre époque réside dans la tension permanente entre urgence et profondeur. Tout s’accélère, tout se mesure à court terme, alors même que les défis majeurs auxquels nous faisons face exigent une vision étendue. Les enjeux climatiques, les fractures sociales ou les transformations technologiques ne peuvent être traités efficacement par le court-termisme.
Adopter une vision long terme ne signifie pas ignorer les réalités économiques. Cela implique de les inscrire dans une trajectoire cohérente et de penser la performance au-delà du trimestre. Les principes portés par la réglementation européenne sur l’intelligence artificielle, notamment l’AI Act, s’inscrivent clairement dans cette logique de structuration durable :
https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/regulatory-framework-ai
Ce cadre rappelle une chose essentielle : la technologie n’est jamais neutre. Elle reflète les choix que nous faisons aujourd’hui pour demain. Dans ma trajectoire professionnelle comme dans mes engagements associatifs autour de l’égalité et de l’inclusion, cette vision du temps long est centrale. Elle permet de dépasser les effets de mode et de donner du sens à l’action quotidienne.
L’année qui s’ouvre ne sera ni simple ni linéaire. Les incertitudes demeurent et les tensions persistent. Pourtant, elle offre une opportunité précieuse : celle de choisir comment nous voulons avancer et de redéfinir ce que nous appelons réussite.
Refuser les résolutions superficielles, privilégier la lucidité et assumer l’engagement n’est pas une posture confortable. Elle est exigeante, parfois solitaire, mais à mes yeux, c’est la seule capable de produire un impact réel, durable et transformant. Un impact qui ne se limite pas à des indicateurs de surface, mais qui façonne les organisations et les trajectoires individuelles sur le temps long.
La conviction qui m’anime reste intacte : notre point de départ ne détermine jamais notre point d’arrivée. Ce sont les choix répétés, les efforts constants et la clarté de vision qui façonnent le chemin.
Et si 2026 était l’année où nous arrêtions de promettre pour commencer à construire.
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