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1401-2026 : la querelle du Roman de la Rose n'a jamais cessé

Une plume ancienne et une rose rouge sur un manuscrit médiéval, évocation féministe

En 1401, une femme ose contredire les hommes de lettres de son temps. Christine de Pizan, première autrice reconnue à vivre de sa plume, attaque la misogynie du Roman de la Rose. Six siècles plus tard, Querelle à la française de Bertrand Guillot (Les Avrils, 2026) la ressuscite. La même ligne de front traverse les âges : qui a le droit d’écrire les femmes ?

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Analyse littéraire·6 min de lecture

Une querelle vieille de six siècles

La querelle du Roman de la Rose n’est pas une anecdote d’érudits. Au tournant du XVe siècle, Christine de Pizan dénonce les clichés misogynes d’un texte célèbre et engage la controverse avec les autorités intellectuelles. Fait inouï pour l’époque : une femme prend la plume pour répondre aux hommes sur leur terrain, la littérature. Elle pose, sans le savoir, les bases d’un combat encore actuel.

La première à en vivre

Christine de Pizan n’est pas seulement une voix isolée. Elle est la première femme connue à avoir vécu de son écriture, dans un monde qui réservait ce statut aux hommes. Cette autonomie économique par la plume est en soi un acte politique. Écrire, pour elle, c’est exister publiquement, contester, transmettre. Sa querelle revendique une place, bien au-delà d’une dispute de textes.

Mêmes lignes de front aujourd'hui

Ce qui frappe, en relisant cette histoire, c’est sa modernité. Les arguments n’ont pas tant changé. On conteste encore la légitimité des femmes à dire le monde, à occuper l’espace littéraire et public, à répondre. Le livre de Bertrand Guillot rappelle que la querelle n’a jamais vraiment cessé. Elle a changé de décor, pas de nature.

Ressusciter pour comprendre

Faire revivre cette controverse, c’est mesurer le chemin parcouru et celui qui reste. Six siècles séparent Christine de Pizan de nos débats sur la voix des femmes, et pourtant la continuité saute aux yeux. Connaître cette généalogie donne de la force : les combats d’aujourd’hui ont des ancêtres. Savoir qu’une femme tenait déjà tête en 1401 change la façon de tenir tête maintenant.

« Christine de Pizan n'a pas seulement écrit contre la misogynie de son temps. Elle a prouvé qu'une femme pouvait tenir la plume et la garder. »

Tania Gombert

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Le livre
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