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« Portraits de France » : la diversité qui a fait la France

Mur de cadres ornes bleu nuit et rouge, certains remplis de silhouettes creme de personnes diverses, galerie d'appartenance

Et si on racontait la France par celles et ceux qu’on oublie ? Portraits de France (2021), porté par Pascal Blanchard, met en lumière des figures issues de la diversité qui ont marqué l’histoire du pays. Un livre positif, qui répare des oublis et élargit le récit national.

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Analyse littéraire·6 min de lecture

Une galerie de figures oubliées

Le projet, issu d’un travail commandé par les pouvoirs publics, est simple et fort : donner à voir des Françaises et des Français, issus de l’immigration et de la diversité, qui ont contribué à l’histoire du pays et qu’on a trop peu honorés. Des militaires, des artistes, des scientifiques, des militants. Le livre les sort de l’ombre et propose qu’ils donnent leur nom à des rues, des écoles, des places. Une mémoire qui s’inscrit dans l’espace commun.

Le récit national, élargi

Ce qui me touche dans ce livre, c’est son geste positif. Là où d’autres ouvrages documentent la violence et la domination, celui-ci valorise des contributions, des réussites, des fiertés. Il ne s’agit pas de nier les injustices, mais de rappeler que la diversité n’est pas qu’une histoire de souffrances : c’est aussi une histoire d’apports. Élargir le récit national, c’est permettre à chacun de s’y reconnaître comme acteur, pas seulement comme victime ou comme problème.

Des modèles pour s'identifier

On ne devient pleinement citoyen d’un récit que lorsqu’on peut s’y projeter. Offrir, à des enfants de toutes origines, des figures auxquelles s’identifier, c’est leur dire : ta place est ici, des gens comme toi ont fait ce pays. C’est exactement la conviction de ma conférence TEDx, notre point de départ ne détermine pas notre point d’arrivée. Les modèles ouvrent des chemins.

Les débats, sans renoncer à l'élan

Le livre n’a pas échappé aux polémiques, sur le choix des figures, sur le rôle de l’État dans la mémoire. Ces débats sont normaux. Mais ils ne doivent pas effacer l’essentiel : ce travail répare des injustices de visibilité bien réelles. On peut discuter une sélection tout en saluant l’intention. C’est même le signe d’un sujet vivant et important.

Le métissage comme fierté

Ce livre incarne ce que je porte avec Cap Métissage : faire de la diversité une fierté partagée, pas un sujet de crispation. C’est aussi l’esprit de mon essai Le monde est injuste, et alors ? : reconnaître les obstacles, oui, mais célébrer aussi celles et ceux qui les ont franchis. La France leur doit beaucoup.

« La diversité n'est pas qu'une histoire de souffrances : c'est aussi une histoire d'apports, de fiertés et de noms qu'il faut graver dans nos rues. »

Tania Gombert

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