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Quelle puissance ces mots pour panser des maux !

Collage d'encre et de papier, évocation du pouvoir des mots

Loin de moi l’idée de m’improviser critique littéraire. Mais il est des livres qu’on met du temps à lire, non parce qu’ils sont difficiles, mais parce qu’ils nous forcent à penser. Racée, de Rachel Khan, est de ceux-là. Je l’ai ouvert en pleine crise de la quarantaine, dans une époque suspendue, avec une question qui ne me lâchait plus : que faire de mon métissage, de mon collectif intérieur ?

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Analyse littéraire·6 min de lecture

Un livre qui tombe à pic

Quand j’ai acheté Racée, je ne savais pas à quoi m’attendre. Je savais seulement qu’il déchaînait les débats, attisant autant les éloges que les foudres. Il tombait à pic pour moi : entre crise de la quarantaine, baby blues et période sanitaire suspendue, je me concentrais sur ce qui me touche en profondeur, mon mélange de cultures, mes appartenances multiples. J’avais besoin du regard d’une autre femme à l’identité aussi mêlée que la mienne.

Bounty ou négresse : le choix impossible

« Alors la métisse, choisis ton camp ! » Voilà le dilemme cornélien que Rachel Khan met en mots. Comment choisir son appartenance quand on réunit en soi plusieurs cultures ? Choisir, c’est renier une part de soi. Le plus dur vient après le refus de choisir : constater qu’aucun clan, parfois, ne vous reconnaît comme l’un des siens. Le métis n’est pas seulement celui qui ne choisit pas. C’est souvent celui qu’on ne choisit pas.

La singularité dans la non-appartenance

« Le mutant trouve sa singularité dans la non-appartenance. » Cette phrase m’a saisie. Et si l’inconfort de ne se ranger nulle part était, au fond, une force ? Ne pas appartenir à un seul camp, c’est pouvoir les comprendre tous, faire le pont, refuser les assignations. Là où certains voient un manque, Rachel Khan invite à voir une place neuve, celle de qui n’est réductible à aucune case.

Le poids des mots pour panser les maux

Avant ce livre, je ne mesurais pas le poids de certains mots, ceux que Rachel Khan appelle les « mots fourre-tout », ceux qui finissent par ne plus rien vouloir dire à force de tout désigner. Nommer juste, c’est déjà soigner. Racée m’a rappelé que les mots peuvent enfermer, mais qu’ils peuvent aussi libérer, réparer, panser. C’est toute la puissance d’un livre lu au bon moment.

« Le mutant trouve sa singularité dans la non-appartenance. »

Rachel Khan, Racée

Le métissage, l'identité, le pouvoir des récits : ces sujets vous habitent ? Échangeons.

Le livre
Racée · Rachel Khan
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